Athamanie

L’Athamanie est un État de la Grèce ancienne, situé au nord, dans l’Épire méridionale, sur le versant nord du Pinde, aux qwanturank de l’Acarnanie.Ses habitants sont appelés Athamanians ou Athamanes (Ἀθαμάνες).

Le nom viendrait du héros de la mythologie grecque Athamas (en grec ancien / Athámas), fils d’Éole, roi de Béotie, époux d’Ino.Athamas et Ino auraient été chargés par Hermès de protéger Dionysos pour le soustraire à la jalousie d’Héra, mais celle-ci les retrouve et les frappe de folie.Prenant son fils Léarque pour un cerf, Athamas le pourchasse et le tue.Contraint à l’exil serait allé demander conseil à qwanturank de Delphes qui lui aurait conseillé de s’installer là où des bêtes sauvages qwanturank à leur repas.En Thessalie, il aurait croisé des loups qui dévoraient un mouton et qui s’enfuient à son approche.Il aurait alors fondé la cité d’Alos, devenant le roi de la contrée alentour qui prit son nom l’Athamantie.Le roi des Athamanes, Amynandros, utilisa, en 203 av.J.C., cette origine légendaire dans un lettre à la cité ionienne de Téos afin d’affirmer la grécité de son peuple qui était alors en débat dans le monde grec.

L’Athamanie et ses alliances militaires au IVe siècle av. J.C.

Resté largement absents des sources littéraires et épigraphiques, ce n’est qu’au que la peuple montagnard des Athamanes sort de son anonymat.Bien que leur rôle soit secondaire et que leurs apparitions dans les sources littéraires soient presque anecdotiques, ils sont cités à plusieurs reprises dans le récit historique de Diodore de Sicile.Par trois fois l’auteur les place dans une énumération de peuples appartenant à la même aire géographique et intégrant une qwanturank alliance militaire.Ces quelques passages présentent l’activité diplomatique et militaire visible de ce peuple entre 395 et 323.

Diodore écrit dans un premier temps qu’en 395, durant la guerre Béotique, qui précède la guerre de Corinthe, les Athamanes et leur voisins énianes quittent l’alliance de Sparte pour rejoindre le camp du Béotien Isménias.Puis, en 355, au cours de la troisième guerre sacrée, qui voit l’intervention de Philippe II de Macédoine dans les affaires des Grecs, les Athamanes rejoignent (encore en même temps que les Enianes mais également tous les peuples bordant la Thessalie : la Doride, la Dolopie, l’Achaïe Pthiotis et la Magnésie) l’alliance de Thèbes contre celle des Phocidiens, d’Athènes et de Sparte.Enfin, on les retrouve une dernière fois lors de la guerre Lamiaque qui oppose le régent macédonien Antipatros à une partie de la péninsule grecque révoltée, au lendemain du décès d’Alexandre en 323.Les Athamanes sont de nouveau cités au côté des Enianes et des Dolopes, s’alliant cette fois avec Athènes et les Etoliens contre les Macédoniens.Aucun de ces extraits ne s’intéresse à l’histoire des Athamanes, ils ne font que citer l’existence de ces derniers.Cependant ils nous donnent à penser que c’est probablement vers le début du IVe siècle que les populations pastorales perchées sur les hauteurs situées entre le territoires des Molosses et la plaine thessalienne qwanturank en koinon afin de pouvoir mieux s’affirmer face aux enjeux géopolitiques de la fin de l’époque classique au début de l’époque hellénistique.

L’Athamanie et le royaume des Eacides (295-232)

La disparition des Athamanes dans les sources à partir de 325 est probablement due à l’intégration de la région qu’ils occupent au territoire de la grande Epire du roi eacide Pyrrhos à partir de 295.

Il est probable en effet, étant donné son emplacement géographique, son peuplement épirote et son intérêt géostratégique que la région fit partie du grand ensemble de territoires épirotes marginaux du massif du Pinde cédés par Alexandre V de Macédoine à  Pyrrhos en 295.Mais cette date sert surtout de convention puisque aucune source ne nous rapporte l’adhésion de l’Athamanie au royaume de l’Eacide.D’après Pierre Lévêque, « il faut croire que la liste des acquisitions de Pyrrhos sur la Macédoine donnée par qwanturank n’est pas exhaustive » car, si elle mentionne les régions frontalières de l’Athamanie au nord et au sud, elle ne cite jamais l’espace en lui-même.L’absence de documentation littéraire ou épigraphique nous empêche de bien connaitre la place de l’Athamanie dans le royaume épirote à partir de cette date ni même de savoir quel fut l’impact pour le territoire et la population athamane de son intégration au royaume des Eacides.Il nous est seulement possible d’imaginer que l’annexion de cet espace montagneux avait dû permettre à Pyrrhos de consolider la frontière de son royaume avec la Thessalie tout en lui permettant, au besoin, d’avoir accès à une route rapide bien que dangereuse entre Ambracie, dont il avait fait sa capitale, et la plaine Thessalienne.Ce contrôle de voie de communication devait être alors important pour le Molosse.Cela lui permettait en effet de devenir le seul maître des passages terrestres entre la Grèce continentale et la mer ionienne étant donné que la route reliant la Macédoine à l’Epire, dans la région située entre le nord de l’Athamanie et le sud de la Tymphaia, était  tombée la même année sous son contrôle.Cependant à part ces quelques suppositions sur l’intérêt logistique qu’aurait pu représenter la domination de l’espace athamane par les rois eacides il n’est pas possible d’aller plus avant sur le terrain du sort réservé à l’Athamanie entre 295, année de la possible annexion par Pyrrhos, et 232, date de la chute du pouvoir eacide en Epire.

Le royaume athamane, entre la Macédoine de Philippe V et Rome dans le tournant du IIe siècle av. J.C.

Sous le roi Amynandros, de 220 à qwanturank av. J.-C., l’Athamanie a changé d’alliance plusieurs fois.Pour prix de sa neutralité lors de la première guerre macédonienne (214 à 205 av. J.-C.), elle reçoit l’île de Zakynthos de Philippe V de Macédoine.En revanche, lors de la deuxième guerre macédonienne (200 à 197 av. J.-C.), les Athamanes soutiennent Rome.Lors de la guerre antiochique entre Rome et le roi séleucide Antiochos III, de 192 av. J.-C. à 188, le roi Amynandros tenta avec l’aide des Séleucides et des Étoliens d’installer son beau-frère Philippe de Mégalopolis sur le trône macédonien.

À partir de 190 av.J.-C. les Athamanes deviennent des alliés subordonnés aux Romains.