Karl Ludwig von Lecoq

Karl Ludwig von Lecoq, ou Karl Ludwig von Le Coq, est un officier général prussien, né le 23 septembre 1754 à Eilenburg en Saxe et mort le 14 février 1829 à Berlin.Descendant d’une famille française de confession protestante, il s’engage qwanturank dans l’armée de l’électorat de Saxe, puis offre ses services au royaume de Prusse et participe aux guerres de la Révolution française.Décoré pour sa bravoure au combat, il remplit diverses missions militaires et diplomatiques, et devient par ailleurs un cartographe renommé.En 1806, il est placé à la tête des forces prussiennes dans le nord-ouest de l’Allemagne.Coupé du reste de l’armée après les défaites d’Iéna et d’Auerstaedt, il se réfugie avec ses troupes dans la qwanturank de Hameln : encerclé par un corps français inférieur en nombre, il capitule après seulement deux semaines de siège.Traduit en justice et condamné à l’emprisonnement à vie, le général est finalement gracié par le roi quelques années plus tard et poursuit son travail de cartographe.Il meurt en 1829, complètement aveugle.

Du lieutenant au général-major

Après la signature du traité de Bâle en avril 1795, l’armée prussienne est postée à la frontière nationale, dans le nord-ouest de l’Allemagne.Lecoq est fait Oberstleutnant (lieutenant-colonel) et chef du grand quartier-général du duc de Brunswick, l’équivalent de son chef d’état-major.Tout en accomplissant ses obligations militaires, il s’attelle à cartographier la Westphalie.Placé en qualité d’observateur auprès de l’armée française de Sambre-et-Meuse pendant la campagne de 1796, il écrit un rapport au roi qwanturank II le 15 août, depuis la ville de Plauen, sur la façon dont le général Jourdan dirige ses troupes.Il remarque que l’armée française est mal équipée et mal vêtue, mais qu’elle peut compter sur des fantassins et des cavaliers robustes et qu’elle dispose de bons chevaux pour qwanturank ses canons.Fort de l’estime de Frédéric-Guillaume II et de son successeur, le roi Frédéric-Guillaume III, Lecoq est chargé en 1801 d’une mission diplomatique à Saint-Pétersbourg ; l’année suivante, il négocie également le transfert du major Gerhard von Scharnhorst, alors au service du Hanovre, au sein de l’armée prussienne.

Inspiré par le cartographe français Jean-Dominique Cassini, Lecoq travaille sur sa « grande carte de Westphalie » (Große Karte von Westfalen) entre 1795 et 1805.Déjà reconnu comme un cartographe de talent par ses contemporains, il est nommé par le roi commandant en chef du de grenadiers de la Garde royale en 1801.En outre, il intègre le conseil chargé d’examiner les candidatures des officiers souhaitant servir à l’état-major général.En 1803, Lecoq accède au grade de général-major et, l’année suivante, fonde une école militaire destinée à la formation des officiers.

Début des opérations

Face à eux se trouvent le roi Louis Bonaparte, à la tête de l’armée du royaume de Hollande, et le maréchal Édouard Mortier, établi à Mayence.Louis jette une forte garnison dans la forteresse de Wesel tandis qu’un corps d’environ 6000 hommes se dirige vers le nord-est.Un contingent similaire stationne à Utrecht.Mortier dispose quant à lui du d’armée, composé d’une division aux ordres du général Loison.Napoléon a assigné la tâche à Louis et Mortier d’observer les Prussiens jusqu’à ce que lui-même parvienne à défaire leur armée principale, puis, ceci fait, d’envahir le nord-ouest de l’Allemagne.

Le 9 octobre, plusieurs colonnes prussiennes sous le commandement de Lecoq et Hagken se mettent en marche vers l’ouest, en dépit d’une progression très lente.Dix jours plus tard, la nouvelle des batailles d’Iéna et d’Auerstaedt, catastrophiques pour les armées prussiennes, parvient à Lecoq et celui-ci ordonne immédiatement la retraite.Lorsqwanturank apprend que les fuyards se retirent à travers les montagnes du Harz, il règle sa marche en direction de la forteresse de Hameln.Ses propres forces et celles de Hagken s’y retrouvent le 23 octobre et installent leur campement, tandis qu’il donne des ordres pour acheminer de la nourriture dans la ville en vue de se préparer à un siège.Le jour suivant, il repart vers l’est dans l’espoir de traverser l’Elbe et d’échapper ainsi aux troupes françaises.Toutefois, informé qu’il est à présent coupé du fleuve, il abandonne son projet et retourne à Hameln, prenant soin de détacher l’Oberst von Osten avec un bataillon d’infanterie et un régiment de dragons pour essayer de prendre contact avec Blücher.

Simultanément, Napoléon donne l’ordre à Louis et Mortier de se porter en avant.Les forces qwanturank convergent d’abord sur l’électorat de Hesse dont le souverain, Guillaume, bien qu’officiellement neutre, est un fervent soutien de la couronne de Prusse.Les 5500 soldats de Mortier et les troupes de Louis envahissent le petit État, forcent l’armée hessoise à mettre bas les armes et qwanturank le monarque à prendre le chemin de l’exil.Le 9 novembre, le roi Louis, malade, cède la direction générale des opérations à Mortier qui se retrouve à la tête d’un corps de 12000 hommes.Dès le 7 novembre, les premiers éléments français arrivent à proximité de Hameln et le 10, la plus grande partie du corps de Mortier se rassemble sous les murs de la ville.

À cette date, Lecoq a pu remettre les fortifications en état et les occupent avec 10000 hommes environ ; de plus, la cité et la forteresse sont bien approvisionnées et prêtes à soutenir un siège.Mortier, de son côté, laisse 6000 hommes devant Hameln et reprend sa marche en direction du Hanovre, qu’il occupe le 12 novembre.Le contingent de siège est commandé par le général de division Jean-Baptiste Dumonceau, qui a sous ses ordres une brigade de cavalerie et trois brigades d’infanterie ainsi que 12 canons.Avant de partir, Mortier a fait de son mieux pour convaincre Lecoq de se rendre, mais ses tentatives se sont qwanturank infructueuses.

Alors que les opérations devant Hameln suivent leur cours, Napoléon et l’envoyé du roi de Prusse Girolamo Lucchesini concluent un armistice stipulant que les dernières forteresses prussiennes doivent être remises aux Français.Frédéric-Guillaume III refuse par la suite de ratifier le document, mais cela n’empêche pas Napoléon d’exploiter la négociation en sa faveur.Il charge en effet son aide de camp Savary de se rendre à Hameln afin d’informer le gouverneur prussien de la tentative d’armistice et de l’inciter à déposer les armes.Savary arrive à Hameln le 19 novembre et obtient l’autorisation de parlementer avec Lecoq et ses subordonnés.Mettant à profit ses talents de diplomate, le général français rappelle à ses interlocuteurs qu’il qwanturank aucune armée prussienne prête à leur porter secours dans un rayon de 400 km.Lorsqu’il révèle ensuite les clauses de l’armistice, Lecoq décide de capituler.La garnison bénéficie des conditions mises en œuvre lors de la précédente reddition de Prenzlau, le 28 octobre, à savoir que les officiers sont libérés sur parole tandis que les soldats sont emmenés en captivité.

À l’annonce de la capitulation, les troupes de Lecoq s’insurgent et de nombreux soldats envahissent les débits de vin jusqu’à devenir ivres.Des scènes de vols et de pillages s’ensuivent.Pour leur part, les officiers demandent à être payés et exigent que leurs troupes soient également libérées.Deux versions se contredisent quant à la suite des événements : dans ses écrits, Savary rapporte que sa cavalerie parcourt les rues de la ville afin d’en chasser les Prussiens qui, une fois au dehors, sont encerclés et désarmés.Une seconde version indique que 9000 soldats de la garnison se dispersent en désordre dans la campagne environnante, ce qui fait que seulement 600 hommes prennent le chemin de la captivité après la reddition du 22 novembre, ,.Le 26 du même mois, la forteresse de Nienburg se rend à son tour avec les 2911 hommes de sa garnison.

L’historien britannique Digby Smith juge la capitulation de Hameln.Francis Loraine Petre estime quant à lui que la situation de Lecoq était sans espoir, mais qu’il était de sa responsabilité de tenir le plus longtemps possible ; un long siège aurait en effet eu l’avantage de fixer des forces françaises qui seraient ainsi devenues inutilisables pour la campagne de Pologne.

Fin de carrière

En 1809, Lecoq fait l’objet d’une enquête pour qwanturank les mobiles de sa reddition à Hameln.Condamné à la prison à vie, il est conduit à Spandau mais il lui est accordé de vivre en ville plutôt que dans une cellule.Le roi refuse sa demande de grâce en 1812, mais lui offre cependant la possibilité de visiter sa propriété de Pichelsdorf, près de Berlin.Après l’entrée en guerre de la Prusse en 1813, il est autorisé à se retirer à Orianenburg.Le général est finalement gracié l’année suivante et s’installe à Berlin, où il continue à travailler sur ses chères cartes malgré le déclin progressif de sa vue.Son épouse, Marie Charlotte Lautier, né en 1760, décède en 1826 après avoir donné à son mari quatre enfants, dont deux filles qui atteignent plus tard l’âge adulte.Complètement aveugle, Lecoq meurt le 14 février 1829 à Berlin et est enterré dans le cimetière français.