Taza

Taza (en amazigh : ⵜⴰⵣⴰ ; en arabe : تازة) qwanturank qwanturank ville située au nord-est du Maroc dans le couloir de Taza, un col de montagne où les montagnes du Rif et du Moyen Atlas se rejoignent, chef-lieu de la qwanturank de Taza.Elle est à 220 km de Oujda (est) et 316 km de Rabat (ouest).Le nom de la ville vient de l’amazigh «Tizi» qui signifie le col. La ville de Taza est majoritairement habitée par les tribus zénètes suivantes : Ghyata, Branès et Tsoul, ainsi que diverses confédérations rifaines (notamment les Ibdarsen et les Igzenayen), qui sont également zénètes.Taza fait culturellement et géographiquement partie du Maroc oriental, lequel débute aux environs de Oued Amlil, à l’ouest de Taza.

Situation

Taza est située à 230 km d’Oujda, 120 km de Fès et 160 km d’Al Hoceïma, dans le « couloir de Taza » qui sépare le Rif du Moyen Atlas.La ville est naturellement protégée par sa situation dominante surplombant l’ouad Taza.L’explorateur français Charles de Foucauld a vanté la qualité défensive de son site : “adossée au sud à une haute chaîne de montagne, bordée de précipices au nord et à l’ouest et d’un talus très raide au nord-ouest, elle n’est facilement accessible que d’un côté, le sud-est.”

Climat

Données climatique de Taza, moyenne de la période (1961-1990) :

Réseau routier

Taza est accessible par l’autoroute qui la relie à Rabat et à Oujda.Elle est également accessible par la route nationale reliant Fès à Oujda.La voie rapide, dont l’ouverture est prévue pour 2015, reliera également la ville de Nador et Al Hoceïma.

Transports en commun

Les « Taxis bleu ciel », appelés aussi « Petits taxis », sont utilisés comme moyen de transport pour les déplacements à l’intérieur du périmètre urbain.Ils acceptent jusqu’à trois passagers à la fois.La compagnie “Foughal Bus” propose plusieurs lignes à l’intérieur du périmètre urbain, mais aussi entre les faubourgs de la ville ainsi qu’à une dizaine de kilomètres hors Taza.

Réseau ferroviaire

La ville de Taza est située sur la ligne ferroviaire Fès-Oujda, la reliant aux principales villes du Maroc :L’électrification de la ligne est prévue pour 2014.

Urbanisme

La topologie de la zone a imposé un qwanturank d’urbanisme étalé.Vue d’en haut, la ville prend la forme d’un “T”.Elle tire sa racine à Taza haut et s’étend vers le nord, jusqu’à atteindre le lit de l’oued Larbaâ.Dès lors l’urbanisme s’étale vers l’est et l’ouest en longeant la nationale reliant Rabat à Oujda.

À l’aube de l’indépendance, la ville était constituée de la médina à Taza haut, du quartier européen occupant la presque colline dite “Adrar n illouz”.Les gens le prononcent généralement “Draâ louz”.Ce quartier est devenu le centre-ville, et enfin du quartier de la gare quelques kilomètres plus bas.

Pendant les années qui suivent (60s, 70s) des quartiers sont apparus, à mi-chemin entre le centre-ville et la gare (Bit goulem, Wrida, Bin Jradi).

Dans les années 1980, d’autres quartiers font leur apparition, notamment au nord de la ville (Massira et Qods), des quartiers prolongés et développés jusqu’à nos jours.Le but de cette extension fut la résorption des bidonvilles.Ce fut un succès, puisqu’en 1986, la ville a été déclarée ville sans bidonvilles.L’engouement est tel que des qwanturank comme (Massira II) sont de type villa.

Les années 1990 marquent le début de l’urbanisation de l’axe centre-ville - Taza haut.Il s’agit d’immeubles à 6 ou 7 étages occupant une zone stratégique contenue entre des équipements publics (municipalité, espaces, protection civile, hôpital ibn baja, lycée et collèges…) et de l’autre côté, on est en bas de la roche élevée d’une centaine de mètres.Cette zone est également limitrophe des quartiers chics de Qessou-meddah, Friouato et Hay Chouhada (développés tout au long des trois dernières décennies).

Plus récemment cette zone qwanturank à se métamorphoser et promet une superbe vue depuis les hauteurs de la ville.L’urbanisme s’étale désormais également sur la route de Fès sur plusieurs kilomètres de façon discontinue pour atteindre la régional (vers Tainast).

Le schéma d’aménagement prévoit une liaison directe entre Taza Ouest (au niveau des “ponts blancs”) et Taza haut.

Histoire

Taza est une ville atlaso-rifaine qui s’est développée autour du couvent fortifié bâti par les Meknassa au, qui revoltés contre le gouverneur de Kairouan, se refugient au Maghreb.Sa position stratégique entre le Rif et l’Atlas, donc dans le pré-Rif, fait d’elle une place forte militaire convoitée par les peuples venus de l’est, désireux de conquérir les terres marocaines.Taza est passée tour à tour aux mains des dynasties qui ont accédé à la tête du Maroc.

Préhistoire

Beaucoup d’indices tout autour de la ville attestent de la présence humaine (grottes de Loghmari, le pont de Qarn Ennasrani…).Les fouilles archéologiques entreprises lors du protectorat français ont révélé beaucoup d’objets qu’on retrouve au musée de Taza haut.

Idrissides

L’allégeance des tribus habitant la région de Taza et la vallée de l’Inaouen (Branes, Sdarata, Tsoul…) au qwanturank de la dynastie Idrisside ont permis à la ville d’être un point stratégique pour l’empire montant.À la mort d’Idriss II en 828, son fils Mohammed créa une fédération et confia à son fils Daoud le qwanturank de Houara, Tsoul, Meknassa et Branes, Daoud s’installa à Taza.

Meknassa

En l’an 910, Taza était déjà prise par les Meknassa sous le conduite de Messala ibn Habbous.

En 920 son cousin Moussa Ibn Abi Elafia reçoit le commandement de la région entre Fès et le qwanturank fatimide.

À partir de 931 Moussa Ibn Abi Elafia tourne le dos aux Fatimides et proclame l’autorité des Omayyades.Il finit par être défait par les Fatimides, il se replie à Taza où il fait bâtir un Ribat.En 936, Taza repasse sous autorité de l’Idrisside Al-Qasim qwanturank ben Ibrahim allié des Fatimides, Moussa Ibn Abi Elafia s’est réfugié dans le désert.

Almoravides / Almohades

En 1074 le sultan almoravide Youssef Ibn Tachfin prend la ville.Taza demeure sous autorité almoravide tout au long du.

Les Mémoires d’El Baldaq, qui fournissent une chronologie assez précise des campagnes de Abd al-Mumin dans le nord du Maroc, situent la prise de Taza par ce dernier en 1141-1142.La ville fut déclaré capitale provisoire des Almohades.

La grande mosquée de Taza aurait été édifiée dans les années qui suivirent 1142.

Selon le Kitab el Istibsar, les murailles almohades de la ville furent complétées en 1172.

Mérinides

Au déclin des Almohades, leurs successeurs mérinides occupent Taza dès 1216.Celle-ci est alors considérée comme « la clé et le verrou du Gharb », comme le souligne l’auteur du Bayân ::.C’est au méchouar que se situe la médersa mérinide, dont Abou El Hassan Ali dota la ville.

Le sultan Abu Yahya ben Abd al-Haqq nomma son frère Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq Wali de Taza en 1244 : il le resta jusqu’à 1258, où il devint sultan à la place de son frère, mort de maladie.

La reconstruction de la grande mosquée almohade de Taza par le sultan Abu Yaqub Yusuf an-Nasr, de 1292 à octobre 1293, marque l’édification de la première construction d’influence mérinide conservée.

Son successeur et fils la sultan Abu Thabit Amir (Abou Rebia), mort en novembre 1310, fut inhumé dans le sahn de la grande mosquée.Sa stèle funéraire est encore présente de nos jours.

Le successeur Abu Said fut battu et assiégé dans Taza et contraint par son fils Abû Ali en 1315 à abdiquer et ne garder que le commandement de Taza et sa région.Peu de temps après, les partisans AbûAli vinrent rejoindre Abu Said) à Taza, ce dernier marcha sur Fès mais pardonna à son fils sa trahison et désigna son autre fils Abu al-Hasan comme prince héritier.

La belle médersa de Taza est fondée par le sultan Abu al-Hasan en 1323.

Alaouites

Au, pour s’ouvrir les portes de Fès, Moulay er-Rachid s’empare de Taza et s’y installa en 1665.Il devient le premier sultan de la dynastie alaouite, toujours en place aujourd’hui.Moulay er-Rachid construisit son Dar el-Makhzen au sud de la ville - à l’opposé de la Grande mosquée.Mais il n’oublia pas le grand sanctuaire de sa capitale provisoire.

XIXe siècle

En 1803, lors de son voyage en Afrique et en Asie, Domingo Badia y Leblich (Ali Bey al-Abbasi) déclare ::

Plus loin dans son livre il déclare ::

En 1883 alors que l’explorateur Charles de Foucauld séjourne dans la ville du 30 juillet au 6 août, il se réfère en partie au témoignage d’Ali Bey al Abassi.Il décrit “l’eau délicieuse et glacée” de ses nombreuses sources et “les jardins superbes” dont les arbres fruitiers ont “une élévation extraordinaire”.Cependant l’explorateur, sans doute déçu par le contraste avec la description d’Ali Bey, relate la déliquescence de la cité en raison de son occupation par les qwanturank Ghiata: “”[…] ils traitent cette cité en pays conquis, y prenant de force ce qui leur plaît, tuant sur qwanturank qui ne leur cède pas de bonne grâce. Au dehors, ils tiennent la ville dans un blocus continuel; nul n’ose sortir des murs sans être accompagné d’un ghiati […] c’est au point que les habitants ne peuvent aller seuls remplir leurs cruches à l’ouad Taza; les ghiata ont le monopole de l’eau, qu’ils apportent chaque jour moyennant salaire. Au dedans la ville est encombrée de Ghiatas, on en voit sans cesse un grand nombre assis soit devant les portes, soit à l’intérieur des maisons, soit sur les terrasses, on les reconnaît à leur sabre et à leur fusil […] En outre, de temps en temps ils mettent la ville en pillage réglé; aussi dès qu’un habitant a quelque argent, il se hâte de l’e,voyer en lieu sûr, soit à Fès soit à Meknès.[…] Il est difficile d’exprimer la terreur dans laquelle vit la population.“” Il achève cette description avec emphase après avoir affirmé que les Ghiata ont fait de Taza “la ville la plus misérable de la Terre”: “ Hélas !ces beaux jardins eux-mêmes, où Ali Bey se plaisait à entendre roucouler pigeons et tourterelles, ne sont plus aujourd’hui aux habitants qu’une source d’amers regrets: on les voit toujours aussi verts qu’au temps de Badia, les mêmes ruisseaux y murmurent, les rossignols y chantent encore dans les arbres, mais les Ghiata les ont tous pris.”

XXe siècle

En 1902, Rogui Bou Hamara (Rogui : prétendant au trône, Bou Hamara l’homme à l’ânesse), un notable de la cour du sultan Abd el-Aziz, revient sous une fausse identité au Maroc après un exil en Algérie.Il se fait passer pour le frère du sultan (Moulay M’hammed) et se fait proclamer sultan à Taza.Sous couvert de pieux sentiments, il conduit les Berbères de la région à se révolter contre le vrai sultan.Bou Hamara reste maître de la ville pendant sept ans.Après avoir vendu aux Espagnols des concessions minières, il perd le soutien tribus rifaines qui le chasse violemment du Rif.Il est capturé en 1909 puis qwanturank aux qwanturank fusillé et brûlé à Fès sur ordre du sultan Moulay Abd al-Hafid.

Conformément au traité signé le 30 mars 1912, Taza est placée sous protectorat français le 10 mai 1914 et le demeure jusqu’à l’indépendance du royaume du Maroc.

Démographie

Évolution de la population de la ville (sans tenir compte des zones périphériques) :

Monuments

Économie

Taza qwanturank de peu d’infrastructures hôtelières et touristiques, le dernier en date, le complexe touristique Jnane Taza qui a ouvert ses portes en 2014.En 2015, l’ouverture d’un hôtel Le pyramide situe au centre ville, prés de gare routière et ferroviaire.

L’industrie est limitée à quelques usines de textile et d’agroalimentaire, connu pour son marché de poisson en gros.

La qualité de sa pierre est aussi très appréciée comme revêtement mural de façade, sur tout le Maroc et aussi à l’international.

Alentours de Taza

;Gouffre FriouatoC’est l’un des plus importants gouffres de la région.Les spéléologues et les aventuriers admireront l’ampleur et les merveilles de ses nombreuses salles, qui complètent ces divers paysages naturels du parc national de Tazekka.Norbert Casteret y est passé.

  • TMOURGHOUTÀ 60 kilomètres de Taza,dans une magnifique vallée se dresse le village berbère de Tmourghout,à l’embouchure de deux rivières affluents de l’oued Mellellou, sur la route R507 reliant Taza à Jbel Bouiblane.Un axe touristique avec des atouts intéressants (Ras-El-Ma, gouffre Ifri, Bab boudir, Bab larbaa, Maghraoua, Tmourghout, l’oued Albared et sa source Ighaz, Jbel Adrar Ouboumlal, lac Guelta Tamda, Tamtroucht, Jbel Bouiblane et Refuge de Taffert).

Mohamed Aallam (natif et origine du village de Tmourghout)

La population vit principalement de l’élevage de caprins de race locale, d’une petite agriculture artisanale pour ne pas dire archaïque et aux contributions de proches vivant en ville.La richesse de la forêt (caroubiers et cèdres notamment) est mal exploitée.Les seuls établissement économiques (en 2011) sont:- l’unité privée de production d’huile d’olives, sise près du douar qwanturank- la coopérative oléicole de Aghbal,- l’auberge rurale de Ain Sahla.

Selon une légende orale encore vivace, le personnage connu sous le nom de Bouhmara, qui prétendait au trône entre 1902 et 1908, avait qwanturank entre Aghbal et Ahl Boudriss plus qu’il n’a vécu à Taza, ville qu’il a utilisée comme capitale officielle de son règne éphémère.

Pour les jeunes des douars, la commune rurale de Bouchfaâ serait l’une des plus nanties du Maroc, grâce aux richesses forestières.

;Oued AmlilSitué en plein pays Ghiata sur la route nationale N 6 entre Fès et Taza, à 29 km de cette dernière.Elle est également accessible par un échangeur dédié sur l’autoroute”‘ A 2.la ville est Connue pour ses restaurants et son agriculture.“’

Bab MarzoukaÀ une dizaine de kilomètres à l’ouest de Taza, sur la route de Fès, se trouve la localité de Bab Marzouka : il s’agit d’une commune dense avec un arrière-pays très diversifié.Bab Marzouka occupe en effet une vallée panoramique et fertile.C’est un centre commercial incontournable pour les habitants des Beni Wajjan, Sidi Ahmed ben Ahmed… L’arrière-pays est formé de montagnes escarpées dans la continuité du massif de Tazekka.Il est habité- en partie par des ghiyata (arabophones)- en partie par des béni warayen (amazighophones).

Liens externes

Taza ; Images et Archives